Dimanche 22 juillet 2007

Marco regarda au loin. Trois formes indistinctes se dessinaient sur fond de ciel bleu. « Et ben, quelle vue… » lança un Marco de plus en plus impressionné, en se tournant vers Peter qui était en train de se déshabiller : 

-         Mais, qu’est ce que tu fous ? » ajouta-t-il alors.

-         Je préserve mon identité », répliqua Peter alors qu’il ôtait son t-shirt.

Avec ses pouces, il perça deux trous dans le tissu. Puis il arracha un grand carré de textile noir, se le posa sur le crâne, et l’enroula habillement autour de sa tête avant de le nouer sur sa nuque. Seuls sa bouche et son menton apparaissaient. Le reste était désormais recouvert d’un sombre masque noir : 

-         Et voilà le travail » lâcha-t-il alors en ouvrant des bras triomphants.

-         Mais ma parole… tu te prends au jeu ou quoi ? s’étonna Marco, vraiment dépassé par les actes du nouveau héros.

-         Je n’ai pas le choix. Ils seront là dans quelques secondes. Si je veux me laisser le choix, je ne dois pas être reconnu. Maintenant, je vais devoir filer. Je crois… je crois que je maîtrise suffisamment le vol. »

Il tendit une main sûre et déterminée à Marco.

-         Adieu l’ami. Je ne sais pas si je dois te haïr ou te remercier. Mais quoi qu’il en soit, tu es désormais le seul à connaître mon… secret. Alors quelle que soit ma décision, je veux que tu gardes ça pour toi, OK ?

-         Euh… oui, bien sûr. Comme tu voudras. »

Le bourdonnement des hélicoptères résonnait à présent dans le ciel. Peter leur lança comme un regard de défi. Il s’éleva de quelques centimètres, comme pour marquer son choix. Pour l’assumer. Marco le regarda prendre doucement son envol : « Alors, tu vas… comment dire… devenir un super-héros ?

-         Je vais pas te dire oui. Je n’en sais rien. J’avoue que vu d’ici, c’est drôlement grisant. J’ai toujours entendu dire qu’une arme à la main on se sent plus puissant. Invulnérable. Alors, je te laisse imaginer ce que je ressens. » Il jeta un rapide coup d’œil au mur encore meurtri. « Je vais rentrer chez moi, et réfléchir à tout ça.

-         Bon courage alors.

-         Oui, je crois que je vais avoir besoin d’un peu plus que du simple courage. » Il se retourna. Ils n’étaient plus qu’à quelques centaines de mètres. « Et toi, prends soin de toi mec… et évite de te pencher dans le vide à l’avenir. »

Marco n’eut pas le temps de lui répondre. L’homme au masque noir avait filé comme un courant d’air. Il n’était déjà plus qu’un point au-dessus de lui. Puis, alors qu’il avait disparu de sa vue, il l’aperçut à nouveau fondre vers la tour à la vitesse d’une comète. L’homme aux supers-pouvoirs dévia légèrement sa trajectoire, frôla le bord de la terrasse et piqua en chute libre vers la foule de plus en plus nombreuse au bas de l’édifice. Marco couru vers la balustrade.

Peter s’était arrêté à quelques dizaines de mètres du sol. Suspendu dans le vide, il toisait les centaines de badauds, de flics et de journalistes qui ne le quittaient pas des yeux, comme paralysés, envoûtés. Marco ne voyait pas grand-chose de là où il était, mais il savait que quelque chose s’était produit dans la tête de Peter. Ses pouvoirs, non, la prise de conscience de ses pouvoirs l’avait transformé. La peur avait cédé la place à un mélange de fierté et de confiance. La frontière entre le bien et le mal prenait tout son sens pour celui qu’était devenu Peter. Ses actions ne seraient plus jamais anodines. Ses choix et ses décisions non plus. Quelque chose qui lui était arrivé en une fraction de seconde l’avait fait basculer dans une autre dimension. Aux conséquences sans précédent, pour lui, mais aussi pour le monde. Allait-il encore changer d’avis ? Dans quelle direction partirait-il finalement ?

Le temps semblait s’être arrêté pour Peter. En bas, la foule n’était qu’une tâche sombre. Le bleu du ciel au-dessus l’attirait comme une porte de sortie. Quel dénouement pour tout cela ? Finalement, il n’y avait pas eu grand-chose. De quoi les gens se souviendraient-ils ? D’un homme volant qui en a sauvé un autre, chutant dans le vide. Le genre de détail qui s’évapore dans les limbes du temps, comme une gigantesque illusion générale à laquelle plus personne ne croirait dans 20 ans. Non, ce qu’il aurait fallu pour le faire basculer dans la postérité, c’était bien plus. Il allait donc pouvoir se retirer, comme on prend discrètement congé dans une soirée où on n’aurait jamais dû se rendre.

Mais l’histoire en décida autrement. Un bruit strident déchira l’atmosphère, comme l’insupportable sifflement d’un couteau sur du verre. Un pilote d’hélicoptère un peu trop téméraire sous les ordres d’un journaliste bien trop gourmand avait heurté la tour en voulant se rapprocher du héros.

Et finalement, il se passa ce que la foule attendait depuis le début. Un spectacle digne de ce nom qui sacrerait définitivement son nouvel héros, homme proclamé demi-dieu.

L’homme volant avait filé tel l’éclair sur l’équipage en péril. Quand Peter vint plaquer son épaule sous le ventre de l’hélicoptère, un choc sourd accompagna son geste. Il grimaça tout de même sous l’effort, mais il assura sa prise comme s’il avait toujours su comment faire dans ce genre de situation. Il jeta un rapide coup d’œil en bas, conscient que la fin était déjà écrite.

Doucement, il accompagna la descente de la machine encore fumante qu’il portait sur son dos.

En bas le silence s’était fait. Puis Peter se posa sur le sol. La foule regardait la scène sans y croire vraiment. Un homme, si simple en apparence, un vulgaire masque noir sur la tête, portait sur son dos un engin de plusieurs tonnes. Si encore il avait montré quelques signes d’efforts.

Puis, doucement, le héros s’accroupit. Les pieds de l’hélicoptère prirent enfin le relais. Peter s’extirpa de sous la coque et fit face à son public. Un large cercle s’était formé autour de lui et de la machine. Dans son dos, le journaliste avait déjà saisi sa caméra, mais n’osait sortir de l’habitacle. Le héros s’avança doucement. Le cercle se déplaça avec lui comme s’il en était le centre. Le silence avait laissé place à un murmure général, mais personne n’osait se démarquer. Pourtant, quelqu’un brisa le cercle. Un homme en costume sombre s’avanca et prit la parole : « Je suis le capitaine Mankowsky », déclara l’homme en brandissant sa plaque.

En face de lui, Peter restait immobile. Son épaule droite, couverte d’ecchymoses et de griffures, était légèrement tachée de sang. Derrière son masque de fortune, ses yeux sombres fixaient le policier d’un regard de défi.

-         Qui êtes-vous ? l’interrogea le capitaine, toujours à bonne distance.

-         Je ne suis personne », souffla Peter. « Je me suis juste trouvé au mauvais endroit, au mauvais moment.

-         On ne vous accuse de rien… Je veux juste savoir qui vous êtes. »

Peter ne répondit pas. Les deux hommes se regardaient, alors qu’autour d’eux le murmure se faisait plus fort, jusqu’à ce qu’une voix se détache : « Oui, qui es-tu ? » Siffla-t-elle. « D’où viens-tu ? » dit une autre. Et puis, la question que tout le monde souhaitait que l’on pose : « Quel est ton nom ? ».

Peter ouvrit la bouche… puis se ravisa. Il toucha d’une main sa tête, son masque. Il sourit en se remémorant les paroles de Marco, puis après une profonde respiration, il fixa le policier et annonça à la foule suspendue à ses lèvres : « Confiance. Le Capitaine Confiance ».

Puis, sans attendre les réactions, il prit son envol, aussi sèchement qu’il en avait désormais l’habitude.

La rue le regarda disparaître dans le ciel. Marco le vit passer comme la dernière flèche d’un arc. Dans sa tête il savait que le héros avait pris la bonne décision. Il ne pouvait en être autrement.

par Seb BDWalker publié dans : Nouvelles
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Dimanche 15 juillet 2007

[Allez, encore un effort, c'est l'avant dernier épisode]

Un bruit provenant d’en bas les interrompit. Un grésillement sourd précéda une voix métallique sortant d’une énorme enceinte. Tout en bas, pendu à son micro, le flic chargé des affaires compliquées s’adressait à eux. En bas, un silence religieux accompagnait les paroles du policier : « … il ne vous sera fait aucun mal… ». Peter et Marco écoutaient sans vraiment y croire, comme si les mots venaient d’ailleurs. « … Descendez maintenant par les ascenseurs. N’essayez pas de fuir, des hommes attendent en bas de la tour qui a déjà commencé à être évacuée… ». Les deux hommes se regardèrent, interloqués :

-         Mais bon sang, de quoi ils parlent bordel ? s’insurgea Peter. Je ne suis pas un terroriste ou un putain de preneur d’otage. Je… j’ai juste sauvé la vie d’un mec… À moins que tu ne m’aies pas tout dit…

-         Quoi ? que veux-tu que je te dise ?

-         Je sais pas moi. Tu fais peut-être parti d’un groupuscule, ou bien pourquoi pas du gouvernement, un truc comme ça.

-         Et me balancer dans le vide ferait parti de ma mission, c’est ça ? Tu deviens parano !

-         J’en sais rien ! Je sais plus quoi penser avec tout ça. Je découvre brutalement que j’ai des… super-pouvoirs. Et l’instant d’après, je dois me rendre à la police. C’est un crime d’être différent ? Putain, tu vois, c’est exactement ce que je disais.

-         Quoi ? qu’est-ce que tu disais ?

-         Et bien, c’est simple. Ce qu’ils veulent, c’est me chopper pour voir qui je suis. Ce que je suis. M’observer, me disséquer. C’est toujours pareil dès qu’on est… différent. C’est fou j’aurais jamais cru prendre si rapidement le parti des minorités. Le monde change de gueule quand on n’est plus dans le même camp.

-         Alors… justement. Sois leur porte-parole. Leur héraut !

-         Le héraut super-héros ? Non merci. Je crois que ma première idée était la bonne. Je vais me tirer d’ici avant de devenir dingue.

-         Un trait d’humour ou d’ironie. Tu ne sembles pas si dingue que ça. Et puis, si tu t’en vas…

-         Si je m’en vais, quoi ? Tu ne vas pas me faire le couplet sur le gars qui abandonne ? Ca ne marchera pas avec moi.

-         J’ai quand même du mal à te suivre. Je croyais que tu avais compris que ta vie avait changé. Que ton destin n’était plus le même.

-         Excuse-moi, mais ce qui m’arrive ne rend pas forcément objectif. Et puis je ne crois pas au destin, désolé mec.

-         Peu importe. Tu crois que si tu pars tout va s’arranger ? Que tout va rentrer dans l’ordre ?

-         Et pourquoi pas ? Si ça se trouve, demain je vais me réveiller, et tout ça sera fini.

-         Si ça se trouve oui… mais peut-être pas. Et à ce moment-là, quand tu réaliseras que tu es désormais différent. Que feras-tu ?

-         Je verrais à ce moment-là. Mais là tout de suite, fuir me paraît une super bonne idée.

-         OK. Alors si c’est ce que tu crois. Qu’attends-tu ?

-         Très bien. J’y vais. »

Peter tourna les talons et se dirigea vers les ascenseurs. « Et merde… ils m’attendent en bas ces cons. » Derrière lui, une petite voix moqueuse lui souffla quelques mots : « Et alors, je croyais que tu savais voler. »

Peter se retourna, piqué au vif : « Je peux voler, c’est différent. Je sais même pas si je saurais le refaire. Tu as vu ce qui s’est passé quand j’ai juste essayé de courir. Et si je m’écrase comme une merde sur un camion de police ? »

Il regarda alors ses pieds, comme si eux seuls avaient la solution. Bien évidemment, rien ne se passa, pas même un murmure. Marco lui donna une réponse : « Essaye donc de prendre de l’altitude pour voir… »

Peter le regarda, un peu perdu. Puis il se ressaisit. Il prit une profonde respiration, se plaqua les bras le long du corps et puis leva les yeux vers le ciel.

Rien ne se produisit.

-         Hey merde ! Tu vois, ça marche déjà plu, siffla Peter.

-         Attend, tu ne vas pas t’arrêter au bout de quelques secondes ? C’est quoi cette mauvaise volonté ? Tout à l’heure, comment tu as fait ?

-         Putain, je te l’ai déjà dit cent fois ! Je n’ai rien fait. C’est… je suis parti tout seul. Comme ça ! répliqua-t-il en claquant des doigts.

-         Alors fait la même chose. Laisse ton corps décider.

-         Comme si c’était… »

Il ne finit pas sa phrase. Tout d’un coup son corps lui parut plus… léger. Doucement, il baissa les yeux vers le sol, comme s’il avait peur de ce qu’il allait découvrir. Janus restait lui aussi muet. Ses pieds. Ils ne touchaient plus le sol. Il semblait en équilibre sur l’air, en lévitation à quelques centimètres du sol. Il regarda Marco et dit d’une voix tremblante :

-         Putain, je… je vole mec ! J’y arrive… à nouveau.

-         Bon sang, je… je ne sais pas quoi te dire…

-         Y a rien à dire… mais, je me sens différent. »

Il se laissa aller, comme s’il ne voulait plus contrôler ce qui se passait. Son corps s’éleva encore un peu. La terrasse était désormais à quelques mètres en dessous de lui. Marco cru voir un sourire dément s’inscrire un instant sur son visage. Il écarta doucement les bras comme s’il cherchait un peu plus d’équilibre, cherchant à s’appuyer sur l’air. D’une certaine façon, il y parvint. Il était à présent immobile. Puis il se pencha doucement en avant jusqu’à ce que son corps se retrouve à l’horizontal. Il tendit doucement les bras devant lui, et bandant ses muscles, il se mit à avancer comme à tâtons dans le vide. À mesure qu’il se déplaçait dans les airs, il sentit monter au fond de lui comme un mélange de fierté et de puissance. Un sentiment qu’il n’avait jamais ressenti auparavant, sa vitesse augmentant en même temps que sa confiance. Il virevoltait à présent comme un oiseau décrivant de grands cercles au-dessus de la terrasse sous le regard plus qu’admiratif et ébahi de Marco, lui qui, il y a quelques heures à peine avait vu tout son monde s’écrouler. Il était désormais le premier témoin d’un événement hors du commun, bien plus que simplement exceptionnel. Probablement l’avènement d’une nouvelle ère. Enfin, si le principal intéressé décidait qu’il en soit ainsi. Marco, les pieds désormais bien rivés sur le sol de la terrasse ne quittait pas Peter des yeux. Ce dernier continuait de mettre à l’épreuve ses pouvoirs si soudainement révélés. À mesure qu’il prenait possession de ses moyens, il tentait des choses de plus en plus étonnantes. Des virages à angles droits, des accélérations vertigineuses, des courbes tendues. Puis soudain. Peter se figea dans le ciel. Il fixait un point à l’horizon. Il fondit tel un oiseau de proie sur Marco qui se raidit. Peter atterrit à quelques pas de lui : « Ils arrivent ! s’exclama-t-il alors.

 

-         Quoi ? qui ca ?

-         Les hélicoptères de la presse. »

 

par Seb BDWalker publié dans : Nouvelles
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Dimanche 8 juillet 2007

[la suite... en attendant une version BD...]

Marco se précipita vers lui, mais n’eut pas le temps d’arriver que l’homme était déjà debout en se frottant les tempes. Quand Janus arriva, il resta bouche bée. L’homme lui faisait face :

-         Qu’est ce qu’il y a encore ? J’ai couru trop vite c’est ça ?

-         Non… le… le…, balbutia Marco, comme sous le choc.

-         Quoi ? le quoi ? »

Janus pointa d’un doigt tremblant le mur derrière l’homme. Ce dernier se retourna, intrigué. Ses yeux s’étrécirent alors devant ce qu’il découvrit : « mon dieu… » souffla-t-il alors, comme frappé par la foudre.

Un trou de plusieurs centimètres de profondeur apparaissait désormais à l’endroit exact où il avait percuté le mur. Des éclats de pierres jonchaient le sol et de nombreuses fissures lardaient la paroi tout autour de l’impact. L’homme se passa les mains sur le visage. À part quelques légères égratignures, il n’avait rien. Il ne ressentait pas la moindre douleur, pas même le plus léger picotement. La manche de son pull n’eut pas la même chance. Elle tombait en lambeaux. Il tituba et manqua de vaciller sur le sol en se prenant la tête à deux mains. Lui, si fort désormais, il avait pourtant l’impression que le monde s’écroulait autour de lui : « Mon dieu ! Mais qu’est ce qu’il m’arrive ! » hurla-t-il alors en défiant le ciel du regard.

Marco regardait la scène, abasourdi et muet. L’homme était complètement déboussolé à présent. Il tourna sur lui-même en gémissant avant de s’effondrer à genoux sur le sol. Il marmonnait comme pour lui-même : « Ce n’est qu’un cauchemar. Oui un horrible cauchemar et je vais me réveiller… ». Il ferma ses yeux à s’en fendre les paupières, mais quand il les rouvrit ce n’était que pour tomber sur le visage inquiet de Marco Janus. L’homme se redressa alors et sauta au cou de celui qu’il avait sauvé : « Toi ! Tout est de ta faute ! Si tu n’avais pas sauté, tout ça ne serait jamais arrivé ! Je vivais une vie normale et maintenant… ». Il relâcha sa prise. Janus s’écroula, à moitié étouffé. L’homme s’approcha du mur à nouveau et de rage décocha un coup de poing vengeur… qui s’enfonça dans le béton sans vraiment rencontrer de résistance. Il retira sa main du mur déchiré, regardant la scène avec un regard fou, partagé entre illusion et réalité.

En lisant dans ses yeux, on l’aurait dit presque blasé, mais ses gestes mal assurés témoignaient de sa peur. Il s’adossa au mur et se laissa glisser sur le sol :

-         Alors… c’est vrai ? Je suis l’un de ces gars aux pouvoirs surnaturels ?

-         Oui. Un super-héros.

-         C’est pas possible. Comment cela a bien pu m’arriver ?

-         Je ne sais pas… c’est arrivé. Un point c’est tout.

-         On ne m’a pas demandé mon avis à moi…

-         On ne nous demande jamais notre avis. Quel que soit ce qui nous arrive, bien ou mal.

-         Ouais… mais… » Il s’arrêta. « c’est quoi au fait ton nom mec ?

-         Marco. Et toi ?

-         Je m’appelle Peter. Et, super-quelque-chose peut-être aussi.

-         Alors, tu ne renonces plus ?

-         Ai-je le choix ? Je veux dire, merde, tous ces trucs là, je vais devoir vivre avec.

-         Apprendre à les utiliser aussi. Des tas de gens rêveraient d’avoir ce genre de pouvoir. Je veux dire, voler quoi !

-         C’est parce qu’ils ne savent pas ce que c’est. Tout le monde veut la place du patron. Mais une fois qu’on y arrive, on se dit que finalement c’est peut-être pas si génial. Merde, tu as vu ce que j’ai fait à ce putain de mur ? C’est complètement dingue. Le coup de voler c’était déjà… Ouais, enfin c’est aussi dingue l’un comme l’autre.

-         Tu réalises pas ?

-         Parce que toi tu réalises peut être ?

-         Différemment, oui. Je te dis, aujourd’hui j’ai pris conscience de trucs différents.

-         Hey ! C’est bon, tu vas pas recommencer.

-         Laisses-moi finir au moins. J’ai compris que lorsqu’on n’avait plus peur, les choses étaient plus faciles. On s’acceptait.

-         Ouais, et se balancer dans le vide en faisait partie ?

-         Je me suis laissé aller, et je suis tombé. Et de toute façon, toi tu ne risques pas ce genre de problème.

-         Hey, attends. Je suis sûrement pas immortel tu vois. C’est même pire. Comment je vais savoir quels dangers je cours maintenant ? Et si je me prends une balle, ça me fait quoi ? Tu vois, je sais pas ce que c’est que ce truc ? Est-ce que c’est définitif ? combien de temps ça va durer ? Et puis, j’ai pas envie de faire le guignol en collant, et prendre des risques à la con. Je me sens pas de jouer les Superman. Et si on va dans ce sens-là, c’est quoi mon point faible… Nan, ça tient pas la route tout ça. Faut que je me barre loin d’ici, et que je laisse tomber ses conneries.

-         Ah oui ? Mais tu crois qu’elles vont te laisser tomber, elles ? »

Peter se releva. Il s’avance un peu, jeta un coup d’œil au mur meurtri et s’approcha du bord. Il se frotta le menton avec la paume de sa main, l’air perplexe. En bas, les sirènes de police couvraient déjà les rumeurs de la foule. Des dizaines de flics s’activaient dans tous les sens, et préparaient déjà l’incontournable périmètre de sécurité. Mais pire que tout, les camions de la télévision s’agglutinaient déjà, déchargeant leurs bons petits soldats de la presse et de la liberté d’expression. Peter eu un petit rictus nerveux et se retourna vers Marco : « tiens, les vautours arrivent. Faut que je me prépare pour ma conférence de presse, tu crois ?

-         Tiens, monsieur ironise. On dirait que le choc est passé ? railla Marco.

-         Que veux-tu que je fasse ? que je me jette dans le vide ? Je suis pas sûr de pouvoir y rester, alors… »

Janus s’approcha lui aussi du bord. Sa chute récente ne l’avait pas vacciné, et à vrai dire il semblait ne pas être affecté le moins du monde par ce qui lui était arrivé, comme si cela n’avait été qu’un événement comme un autre. Il avait par contre l’impression d’avoir joué un rôle important dans ce qui se passait. Pas comme une victime ou un fou, mais comme un compagnon, un ami. Il posa une main sur l’épaule de Peter : « Alors qu’est-ce que tu vas faire, mon vieux ? »

Peter le regarda. Il n’était pas surpris, mais plutôt soulagé de ne pas être seul dans un moment pareil : « Ben, à vrai dire, je n’en sais trop rien. Tu sais, quand je vois ce que j’ai fait... je me dis, merde, c’est fou ce que je peux faire maintenant. Tout à l’heure j’étais… terrorisé, faut l’admettre. Et maintenant… ben…

-         Tu n’as plus peur.

-         Ouais. C’est ça. Putain, je vais vraiment commencer à croire que t’es un sage, mec. Je te connais même pas en plus.

-         Ben, tu m’as sauvé la vie quand même.

-         Ouais, enfin… c’est pas vraiment moi… c’est… mon corps qui a bougé tout seul. Après j’ai juste fini le boulot. J’allais quand même pas te relâcher une fois arrivé là-haut.

-         Encore que… »

par Seb BDWalker publié dans : Nouvelles
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Samedi 30 juin 2007

[Et voilà la suite... plus visuel et dynamique que le premier épisode... ]

Quand il rouvrit les yeux, Marco sentait le froid sur son visage. Il était en chute libre, le sol se précipitant vers lui si vite… à moins que ce ne fût le contraire. Il volait… enfin, c’est ce qu’il pensait.

En haut de la tour, les témoins de la scène n’avaient pu que pousser un cri de terreur en se précipitant au bord de la tour, pour surtout ne rien rater de ce qui allait se passer. Mais que pouvaient-ils faire d’autre ?

En bas, la rue grouillante s’était figée. Des milliers de cous cassés, tous dirigés vers la future victime. Dans ces cas-là, tout le monde se fige. Personne ne pouvait plus sauver ce pauvre type. Personne ? Dans la foule immobile, un homme ressentit tout d’un coup comme un point douloureux au creux de ses reins. Et puis, il se sentit pousser en avant. Du moins, c’est ce qu’il croyait. Sans s’en rendre compte, ses pieds ne touchaient plus le sol, et alors que, comme beaucoup d’autres il levait les mains au ciel comme pour implorer un geste divin ou pour se protéger, l’homme s’envola comme un missile.

La foule autour de lui fut soufflée et projetée sur le sol. Les doigts se tendirent à nouveau.

-         Regardez, là ! Mais qu’est-ce que c’est ? cria une voix.

-         C’est un homme ! il… il vole ! fit une autre.

-         Quelqu’un a vu d’où il venait ? entendit-on encore.

-         Est-ce que quelqu’un sait qui c’est ? C’est un… super-héros ? demanda une énième voix.

-         Il était à côté de moi… je… je n’ai pas vu son visage. C’est complètement fou ! » souffla un homme qui se relevait doucement.

La foule avait oublié son inquiétude pour le pauvre fou qui était tombé de la tour au profit d’une admiration teintée de peur pour cette… chose, cet homme qui semblait voler à la rescousse du premier.

Le spectacle était devenu fascinant. Du jamais vu. Le héros n’était plus qu’à quelques mètres de la victime. La foule retint son souffle. L’homme volant aussi. Dans sa tête, il n’était plus le maître. Son corps agissait sans son accord. Il n’avait pas peur, mais n’était pas non plus rassuré. Il avait l’impression d’être comme tous les autres. Un témoin. Même s’il bénéficiait d’une place V.I.P. aux toutes premières loges.

Plus que quelques secondes avant l’impact.

Cinq, quatre, trois, deux, un ! Contact !

L’homme se saisit du corps de Marco Janus comme on attrape au vol un mouchoir dans sa chute lente et pourtant inéluctable. Malgré le choc, et le poids de Janus, l’homme continua son ascension dans les airs, comme si rien ne s’était passé, comme un puissant avion de combat, comme une fusée, comme un super-héros.

Du haut de la tour, les quelques témoins massés sur la balustrade regardaient l’action se dérouler à contresens. Mais maintenant qu’elle revenait vers eux, ils furent pris de panique comme si les choses ne se passaient pas normalement. C’était d’ailleurs le cas. Partagés entre la curiosité et la peur, ils réalisèrent qu’ils n’avaient pas le courage de leur avidité, et ils détalèrent en se précipitant vers les ascenseurs.

Quand l’homme arriva sur la terrasse, il n’y avait plus personne. Marco était à moitié conscient, dans un état second depuis qu’il avait vu l’inconnu s’élever vers lui et le saisir. L’homme le déposa doucement sur le sol avant de faire quelques pas en arrière. Il regarda ses mains, comme horrifié. Puis il s’écroula.

Marco reprenait doucement ses esprits. Il prit tout de suite la mesure des événements. C’était comme instinctif. Il aurait du être abasourdi et terrorisé, mais c’est très calme qu’il analysait la situation, en regardant l’inconnu étendu sur le sol. Ce qui allait arriver à cet homme, il l’avait déjà vécu. Prendre conscience de ce que l’on est n’est pas chose aisé. Et il serait là pour l’y aider. C’était son devoir.

 

Très vite, l’homme revint à lui. Il se releva, se tenant fébrilement sur ses jambes comme un nouveau né. Soudain, le train de sa conscience traversa son esprit : « Mais qu’est ce qui m’est arrivé ? » se demanda-t-il à haute voix, espérant une réponse, peu importe qui la lui donnerait.

Il se dirigea vers le rebord et hasarda un coup d’œil en bas. La foule grouillait de nouveau. Une étrange clameur lui parvenait, et au loin, les sirènes de la police retentissaient déjà. « Bon sang, qu’est ce que je vais faire… putain, mais qu’est ce qui se passe, merde ! ». Un souffle dans son dos le fit se retourner brusquement.

-         Vous… vous m’avez sauvé, dit alors Marco.

-         Je… je ne sais pas. Je n’ai rien fait. C’est mon corps qui a agi tout seul. Moi je n’ai rien fait. Et merde, qu’est ce que c’est cette histoire de fou ?

-         Tu viens de prendre conscience… marmonna Marco.

-         Quoi ? qu’est ce que vous racontez ! Écoutez, je comprends rien à ce qui se passe ! rien à ce qui m’arrive… qu’est ce que je suis censé faire maintenant ?

-         Rien. Vous profitez.

-         Quoi ? cracha l’homme, comme hors de lui. Mais qu’est ce que tu dis ! Profiter ? de quoi ? t’as vu ce que je viens de faire, merde alors !

-         Oui, c’est un don. Le don.

-         Ouais, ben je te le donne si tu veux. Putain, j’arrive toujours à pas à réaliser. On voit ces conneries qu’à la télé ! Je suis un mec normal, j’ai jamais rien fait de bizarre ou de truc comme ça moi !

L’homme était affolé. Il jetait des regards dans toutes les directions, cherchant une réponse n’importe où. Marco reprit :

-         Ce n’est pas une punition.

-         Ah ouais ? Ben, comme ça, tout de suite, ça y ressemble. Comment je fais maintenant ? Je redescends et je fais comme si de rien était, c’est ça ? Les gens vont me regarder de travers maintenant…

-         Mais tu n’as pas le choix. Tu es un…

-         Comment ça, j’ai pas le choix ? bien sûr que si ! D’ailleurs, si ça se trouve personne ne m’a vu en bas. Tout le monde te regardait ! D’ailleurs, qu’est ce qui t’as pris de sauter dans le vide comme ça, merde !

-         Peu importe maintenant. Que tu le veuilles ou non, tu es différent. Et tu m’as sauvé.

-         Ouais, mais si tu continues, je vais le regretter. Mais merde, j’ai volé mec ! J’ai volé et je t’ai remonté jusqu’ici. Qu’est ce que je suis pour faire un truc pareil !

-         Tu le sais je pense.

-         Quoi ? arrête, on n’est pas dans un film là !

-         Non, mais, tu l’es quand même. Tu es un super-héros.

-         Mais bien sûr. Et maintenant ? Je rentre chez moi, je me fabrique un masque et je vais m’acheter une belle cape rouge ? C’est des conneries. Nan, tu veux que je te dise ce que je vais faire ? Je vais me barrer d’ici…

-         En volant ?

-         Ouais, en volant. Mais ça sera la dernière fois tu vois. Et on m’oubliera. Et je… je veux pas être un putain de monstre !

-         Qui a dit que tu étais un monstre ?

-         Arrête. Tu crois que je sais pas ce qu’on réserve aux gens différents ? Tu vois, les films ont au moins ça de bon, c’est de montrer comment notre monde peut faire des trucs de fous aux gens… spéciaux.

-         Mais te rends-tu compte de ce que tu es ?

-         Bien sûr que non ! Y a encore 5 minutes, j’étais un putain de mec normal. Avec une vie normale, un boulot normal… des emmerdes normales, et ça m’allait très bien. Alors, je vais continuer comme ça, si ça te dérange pas. Personne m’a vu, à part… toi.

Il jeta un regard noir à Marco Janus. Dans ses yeux, on sentait la détermination de celui qui ne veut pas que les choses changent. Celui qui est prêt à tout, et pourquoi pas même à l’impensable. Il se rapprocha, les poings fermés, les dents serrées, comme pour se donner du courage… puis il se ravisa. Il fit un geste de la main en direction de Marco :

-         Allez, barre-toi maintenant. Et par l’ascenseur cette fois s’il te plaît.

-         Mais…

-         Va t’en maintenant avant que je change d’avis.

-         Quoi ? Tu allais vraiment me balancer dans le vide ?

-         Bien sûr que non ! Mais je te préviens, tu as intérêt à la fermer. Et pis, de toute façon, tu ne sais pas qui je suis après tout. Je ne vois même pas pourquoi je discute avec toi !

-         Peut-être parce que tu n’es pas si sûr que ça de vouloir t’arrêter là.

-         M’arrêter là ? Mais arrêter quoi ? Ma belle carrière de super-héros ? Si j’avais pas autant les boules, j’en rirais presque…

-         Il n’y a pas de quoi pleurer pourtant. Ce qui t’arrive est un cadeau du ciel. Tu peux sauver des gens, donner un sens à ta vie…

-         Mais tu es qui toi ? Un vieux sage échappé d’un zoo ? Qui tu es pour me donner des conseils comme ça ?

-         Je ne suis personne, justement. Mais aujourd’hui j’ai pris conscience de pas mal de chose.

-         Formidable mon vieux. Formidable. Et si tu allais promulguer tes jolis conseils à des mecs qui en auraient vraiment besoin ? tu pourrais même te faire payer, et… putain, je perds la tête moi, je raconte n’importe quoi !

-         Le poids de ta conscience qui…

-         La ferme ! J’ai plus envie de t’écouter. Je t’ai sauvé ? La belle affaire. Profites-en pour aller vivre encore un bon paquet d’années. Mais moi j’arrête là. Je crois que je vais devenir dingue de toute façon. Je sais même pas si j’aurais le cran de me barrer d’ici en volant… » Il marqua une pause. « Pourquoi pas partir par les escaliers après tout… »

L’homme n’avait pas fini sa phrase qu’il détalait déjà vers les ascenseurs. Mais, après quelques foulées, son corps le surprit de nouveau. Sa vitesse s’accrut de manière déraisonnable, sans qu’il puisse la contrôler. Les quelques dizaines de mètres qui le séparaient du bloc des ascenseurs furent effacées en deux petites secondes, et c’est horrifié qu’il vint percuter le bloc de béton, ne pouvant maîtriser sa course. Le choc fut terrible. Le mur sembla même trembler légèrement sous le coup.

 

par Seb BDWalker publié dans : Nouvelles
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Samedi 23 juin 2007

[Voici une petite histoire qui était initialement une nouvelle et que je vous propose... pour les amateurs d'adaptation... n'hésitez pas]

 

Nos questions existentielles sont nombreuses. On leur donne plus ou moins d’importances. Certaines, il est vrai, semblent particulièrement anodines, mais finalement si capitales, car très proches de nos préoccupations quotidiennes. Qui ne s’est jamais interrogé sur l’arrivée inopinée d’un rhume ou d’une douleur dans le dos ? Étions-nous conscients à l’instant précis où cela s’est déclenché ? Comment cela se fait-il qu’on change d’état tout d’un coup ? D'où vient ce point blanc au fond de notre gorge qui n’y était pas quelques secondes auparavant ? Sommes-nous si peu éveillés ?

Mais, cet état de fait n’est-il pas généralisable à tout ce qui nous arrive ? Car finalement, les choses se produisent, que nous le voulions ou pas. D’un autre côté, quand certains événements surviennent, la surprise n’est pas toujours désagréable. Comme un coup de foudre, ou un coup de chance au jeu.

Oui, mais quand ce qui arrive dépasse l’entendement, sommes-nous assez conscient pour en prendre toute la mesure, et l’estimer à sa juste valeur ? Il est probable que non. Tant et si bien que devant ce qu’on pourrait prendre comme la meilleure chose qui nous soit jamais arrivée, notre réaction pourrait paraître décalée, du moins aux yeux des autres…

 

 

 

Marco Janus n’était pas un lève-tôt. Ce qui, du point de vue de son patron surtout, pouvait poser quelques problèmes. Mais le dernier problème en date, c’est surtout à Marco qu’il s’imposait. Licencié pour retard chronique. Sur le coup, il n’avait même pas été surpris, ni déçu ou énervé. Il avait ramassé ses affaires et avait filé sans demander son reste. Le faible degré d’affinité qu’il avait développé avec ses collègues lui facilita d’ailleurs la tache.

C’est une fois entré dans le parc, alors que les rayons du soleil slalomaient entre les branches fatiguées des vieux arbres pour venir toucher sa peau, qu’il réalisa ce qui lui arrivait. Il n’avait déjà pas grand-chose dans sa vie, et son boulot était finalement la dernière chose qui le maintenait sur les rails, qui lui offrait un peu d’existence sociale, une simili reconnaissance dans un monde trop déshumanisé.

Il posa lourdement son séant sur un banc en bois taché par de trop nombreux visiteurs, et se plia en avant, abandonnant son visage dans ses mains. Une forme de rage montait doucement depuis son cerveau, à moins que ce ne fût depuis son cœur. Difficile de savoir, mais il la sentait venir. C’est sûrement la seule chose qu’on sent vraiment arriver. Et là, ce jour précis, assis sur ce banc, il avait envie de la savourer. La haine commençait à l’habiter tout entier. Il se sentait soudain plus fort. Bien plus qu’il ne l’avait jamais été.

Il releva la tête. Le monde lui semblait soudain diffèrent. Plus facile à saisir. Était-ce cette soudaine liberté non désirée qui lui avait ouvert les yeux. Alors qu’il voyait les gens passer, qu’il pouvait soutenir leurs regards sans ressentir cette gêne qu’il éprouvait si souvent autrefois, il sentit qu’il n’était plus comme avant. Il n’avait plus peur.

Finalement, alors que la journée courrait sur sa fin, il décida de prendre de la hauteur. Après quelques tours et détours dans les rues bondées, il jeta son dévolu sur une haute tour du quartier d’affaire.

Confiant comme jamais, il traversa le hall d’entrée sans se poser de question. L’ascenseur l’emmena sur la terrasse du bâtiment à la vitesse de la lumière. Arrivé sur le toit du monde, son sentiment de liberté s’exacerba encore un peu plus… il se sentait irrémédiablement attiré par le bord, par le vide.

Quelques secondes après, collé contre la balustrade d’acier, ses yeux plongeaient dans le vide. Ses pieds touchaient le sol, et pourtant son esprit était déjà dans les airs. Mais, imperceptiblement, son corps lui aussi basculait tout doucement par-dessus bord.

Autour de lui, les quelques visiteurs distraits ne lui prêtaient guère attention. Et puis soudain… le monde changea.

par Seb BDWalker publié dans : Nouvelles
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